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Hocine Neffah-Une classe politique murée dans un monde en rupture avec la dynamique sociale-Le réveil se fait attendre

Une classe politique murée dans un monde en rupture avec la dynamique sociale

Le réveil se fait attendre

Par Hocine Neffah

Publié le 16 janvier 2022

La dynamique politique et sociale oscille entre reprise mitigée et morosité ambiante. La scène nationale ne semble pas intéresser la classe politique dans toutes ses composantes, à savoir partis politiques, société civile.


La pandémie de la Covid-19 et la situation socio-économique sont autant de thèmes qui devraient constituer la trame de fond des préoccupations que les représentants du peuple au sein du Parlement, les partis politiques et la société civile dans la perspective d’engager une dynamique sociale et politique à même de proposer des plans et des projets susceptibles d’endiguer la situation dans laquelle se trouvent de larges pans de citoyens.


L’Union générale des travailleurs algériens (Ugta) et les autres organisations dont la mission est de proposer des mécanismes concrets pour résoudre les problèmes inhérents au pouvoir d’achat des travailleurs, sont absentes. Idem pour les partis politiques dont l’opposition se limite uniquement à la question des élections.

Mais les questions socio-économiques ne sont pas source d’«inspiration» des partis politiques et de la société civile qui est noyée dans son monde fictif aux antipodes de la réalité sociale et économique. En quoi consiste le rôle de la classe politique si ce n’est d’apporter un soutien fort et une implication directe dans les affaires qui touchent directement la vie du citoyen au plan social et économique ? C’est dans des situations de manque de visibilité politique sur les questions stratégiques en rapport avec les intérêts des Algériens que la classe politique et la société civile doivent exprimer leur présence et afficher leur disponibilité pratique pour soutenir et défendre le citoyen. Les partis politiques, les organisations syndicales et la société civile sont responsables de la situation que vit le peuple. La raison d’être d’un parti politique ou d’une association est de parer à des conjonctures politiques, économiques et sociales sur la base d’une conception d’alternative et une action en direction du citoyen pour combattre les fléaux qui taraudent sa vie quotidienne.

La timidité de la classe politique est un signe avant-coureur d’un divorce avec la société et ses préoccupations. Le renouvellement de la classe politique et de la société civile tant sollicitée, n’a pas donné l’effet escompté dans la perspective d’asseoir une nouvelle classe politique et associative à même de rompre avec le statu quo. L’urgence est à la réhabilitation de la classe politique sur des bases qui s’adaptent avec les nouvelles exigences émanant de la société. Sans cette nouvelle démarche de reconstruction de la classe politique, la situation s’exacerbera davantage et la société sera livrée à elle-même.

La lutte contre la détérioration de la situation sociale des larges couches de la société est aussi l’affaire de la classe politique à travers ses partis et ses organisations syndicales ou associatives. L’existence de la classe politique ne peut être effective si le travail en direction de la société n’est pas assumé et entamé en bonne et due forme.

La société est dans une étape où de nouvelles forces politiques et associatives doivent émerger pour booster la dynamique sociale et permettre à la nouvelle génération de s’insérer dans le nouveau processus de changement tant attendu par tout le monde.

Hocine Neffah

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