Ce site présente les études, réflexions et publications du "Collectif novembre pour la souveraineté nationale, une économie autocentrée et le socialisme." L'ordre des objectifs est notre ordre de priorité.

Algérie Politique, Chroniques, Santé- Populations

Dr Touhami Mustapha. Médecin à Saïda : «Mon bonheur est d’aider les plus démunis»

«Mon bonheur est d’aider les plus démunis»

Publié le 6 octobre 2020, par Hamid Arabi, dans le groupe EPH Krim BELKACEM

Le Dr Touhami Mustapha est un médecin généraliste hors du commun. Ce philanthrope, nous a reçus dans son cabinet médical, situé dans le quartier périphérique populaire de la cité Daoudi Moussa à Saïda et a répondu sans ambages à nos questions.

Propos recueillis par Sid Ahmed

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours universitaire et professionnel ?

Je suis né en 1960. Après l’obtention de mon bac à Saida, je suis parti pour une formation en médecine au CHU d’Oran. Par la suite, j’ai travaillé une année à l’hôpital de Saïda avant de partir en France en 1987 où je suis resté quatre ans. Là bas, j’ai fait une formation en gériatrie (médecine des personnes âgées) à Rouen, puis j’ai suivi des études pour une formation d’urgentiste à Nice. Par la suite, je suis retourné en Algérie où j’ai travaillé d’abord sept années à l’université de Saida en tant que médecin, avant d’ouvrir, en 97/98, mon cabinet à Saida.

Depuis quand avez-vous fixé des tarifs réduits, à savoir 200 dinars la consultation ?
Depuis l’ouverture de mon cabinet en 1997. J’ai fixé le prix de la consultation médicale à 200 dinars, cela fait 22 ans.

-Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez opté pour un tarif dérisoire de la consultation médicale ?

La France nous a colonisés, le nombre de médecins algériens était infime, les algériens ne mouraient pas uniquement à cause de la guerre, mais par manque de moyens financiers. Ils ne pouvaient payer les frais d’une hospitalisation. Il y avait d’ailleurs surtout des maladies infectieuses et contagieuses. Fixer la consultation médicale à 200 dinars est un engagement de principe et un engagement humain : nous avons vécu la misère du temps de la colonisation, de ce fait, il ne faut pas être amnésique. C’est la continuité de l’œuvre accomplie des chouhadas.

-En tant que médecin humaniste engagé et dévoué, comptez-vous maintenir ce tarif de la consultation encore pour longtemps ?

C’est une décision irrévocable ! Ma mère aussi m’a encouragé et soutenu à maintenir toujours la même tarification. Je garderai toujours la même tarification jusqu’à la mort.Avec 200 dinars la consultation, je suis très à l’aise et je n’ai pas apprécié le comportement de certains qui m’ont reproché mes honoraires les plus bas de la corporation. Et si jamais, j’arrive à trouver d’autres ressources financières pour vivre, toutes les consultations seront gratuites. On n’est jamais heureux que dans le bonheur, l’amour que l’on donne à autrui.

-Quel est le message que vous voulez adresser aux algériennes et algériens ?Je lance un appel à tous les algériennes et algériens d’aider les personnes démunies et vulnérables, ceux qui ont le ventre creux et l’habit fripé. Si chacun ne conservait que ce dont il a besoin, nul ne manquerait de rien.

Sid Ahmed

Leave a Reply