Amérique du Sud., Anti-imperialisme

CHILI : Ce qui attend le nouveau président par Michel Taupin

CHILI : Ce qui attend le nouveau président

Par Michel Taupin

Publié le 20 décembre 2021 /https://venesol.org/

Gabriel Boric prendra ses fonctions en mars 2022. Le Chili, depuis Pinochet, est considéré comme un modèle de développement économique ultra-libéral, au détriment vertigineux de l’équilibre social, avec une inflation importante, ce qui a nourri une colère très profonde qui a fini par éclater au grand jour en octobre 2019 avec des manifestations d’ampleur inégalée. Gabriel Boric est l’héritier politique de ce mécontentement mais pour imposer son programme social il devra affronter un Parlement qui est loin d’être acquis à sa cause. « Bien que la victoire a été confortable, le Parlement bicaméral, avec des équilibres clairs, peut agir comme un contrepoids évident aux politiques de gauche plus radicales » a affirmé l’opposition.

La droite, toujours revancharde et aiguillonnée par les Yankees, ne fera pas de cadeaux. Le combat sera particulièrement rude. Pour en sortir victorieux, Boric et son gouvernement n’auront pas d’autre choix que tenir les promesses de campagne et toutes les promesses, en soutenant sans ambiguïté les luttes sociales et en s’appuyant sur les manifestations populaires nécessaires pour les accompagner. Décevoir le peuple serait une catastrophe !

Résister au fascisme, au capitalisme et à l’impérialisme, le Chili ne pourra lutter seul. Il devra réformer, voire transformer l’armée qui est un nid de putschistes, intégrer les organisations régionales solidaires et respectueuses de la souveraineté et de l’indépendance de chacun, comme l’ALBA-TCP, quitter l’OEA qui est une filiale des États-Unis et travailler au sein de la CELAC.

Le Chili bénéficie en outre d’un contexte plutôt favorable puisque des pays comme le Mexique, le Pérou, le Honduras, la Bolivie sont repassés à gauche ou y repasseront sûrement comme l’immense Brésil. L’impérialisme US marque le pas mais ne s’avouera jamais vaincu. Il continuera son harcèlement et ses coups fourrés pour récupérer son hégémonie. Et la seule façon de le tenir à distance est une union solide et une solidarité sans faille, non seulement avec son peuple mais aussi avec tous les pays progressistes de la région dont la bête noire des yankees, l’exemplaire Cuba.

Pour mémoire, je rappelle quelques points du Programme de Gabriel Boric et de sa plateforme de soutien :

– Revenir sur la privatisation des services publics qui a caractérisé la dictature de Pinochet. (Le système de retraites et de santé en vigueur depuis Pinochet est intégralement confié au secteur privé).- Remplacer le système de retraite privé par un système public.

– Augmenter les dépenses sociales et créer une assurance maladie universelle

– Renforcer les droits des travailleurs et les réformes sociales

– Lancer un plan national de santé mentale

– Travailler à la légalisation de l’avortement et à l’avancée des droits LGBT.

– Introduire des impôts progressifs pour les entreprises et les plus riches.

– Réduire la semaine de travail à 40 heures

– Mettre en place une retraite minimum de 250 000 pesos via une augmentation des cotisations mensuelles de 10 % à 18 % du salaire, avec une plus grande part prise en charge par l’employeur.

– Conflit Mapuche : Lever l’État d’urgence et expulser les entreprises transnationales présentes dans la région.

– Réformer les forces de police dont la conduite a été violente pendant la répression des manifestations de 2019

– Investir dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Alors, en avant le Chili progressiste !

Par Michel Taupin

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