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Rachid Malik-Les violences faites aux femmes et leurs multiples causes Silence, on viole !

Les violences faites aux femmes et leurs multiples causes

Silence, on viole !

Par Rachid Malik

Publié lundi 22 novembre 2021

Il est temps que la société change son regard à l’égard de la femme, et que les lois et la jurisprudence fassent leur mue quant à la condition de la femme et les conséquences qui en résultent, par rapport à cette condition infâme et infamante.

Les violences que subissent les femmes quotidiennement, sont une réalité amère qui renseigne sur l’état de la société et les pesanteurs de l’archaïsme qui se font exprimées d’une manière violentes.

Les psychologues, les juristes et les sociologues ont abordé le phénomène des violences faites aux femmes. Mais toutes ses réflexions et études n’ont pas été prises au sérieux au plan politique. La raison est intimement liée à la notion que la société développe par rapport à la « morale » comme valeur absolue et sacrée.

Les femmes battues sont devenues légion, et parfois on trouve certains qui justifient cette violence à l’adresse des femmes en recourant au corpus religieux comme « argutie » pour légitimer et donne de socle à leur crime abominable.

Est-ce que le fait de fêter la journée des femmes, qui subissent toute sorte de violences et de traitement inhumain, suffit pour bannir le comportement misogyne qui est consacré comme un acte « ordinaire » dans beaucoup de situations ?

Certes, c’est bien d’alerter et de sensibiliser l’opinion sur ce phénomène qui prend davantage d’ampleur. La question qui reste posée sur le plan de la réflexion, que ce soit pour les experts en sciences humaines, toutes disciplines confondues, ou pour les acteurs de la scène politique et sociétale, c’est comment arrêter l’« hécatombe » qui s’abat sur les femmes sans que des mesures concrètes et fermes soient mises en pratique.

Le phénomène est mondial, il n’est pas propre à la société algérienne. Mais la dimension du phénomène et sa référence au niveau de l’argumentaire, change d’une société à une autre.

Les statistiques de l’ONU révèlent une réalité ahurissante en rapport avec la situation des femmes qui sont livrées à la violence et la maltraitance. A ce propos, l’instance onusienne révèle une hausse de violence contre les femmes « de 20% aux Etats Unis, 75% en Australie, 37% en Afrique du Sud, 25% en Grande-Bretagne, 32% en France, 38% en Turquie, 50% en Inde », précisent les statistiques de l’ONU.

C’est dire que les violences faites aux femmes ont pris une tournure gravissime à l’échelle planétaire.

En Algérie, les statistiques restent en deçà de ce que cache la réalité sociale. Contrairement aux sociétés occidentales et asiatiques où le débat est ouvert au sein de la société pour approcher le phénomène et réfléchir concrètement comment y remédier.

Les sociétés du Maghreb et du Moyen-Orient tissent une toile d’araignée autour du phénomène, en le dotant d’une couche très épaisse de tabous et d’interdits.

Les chiffres sont liés à la structure mentale et sociale qui régente les groupes sociaux au sein de la société.

En Algérie, les chiffres sont glanés au niveau de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la gendarmerie nationale (GN).

Cela montre que les statistiques ne se font pas à travers des circuits et des structures qui prennent en charge les femmes violentées et le phénomène du féminicide qui se répand de plus en plus.

En un mot, il s’agit des cas gravissimes dont la dimension du crime et de violences à l’égard des femmes ne pouvait pas en être dissimulée.

C’est-à-dire que l’affaire est devenue publique. Mais un nombre très important de femmes subissant les violences conjugales et sociales n’est pas répertorié pour plusieurs raisons. L’une des raisons, c’est la contrainte familiale et sociale, cette contrainte est justifiée comme manière de « porter » préjudice à la famille et à la société en général. Le prétexte est souvent « moral » et d’ordre religieux. Mais est-ce que la violence à l’adresse de la femme est justifiée sur le plan moral et religieux ?

Cette question est problématique, étant donné que beaucoup de gens puisent leur argumentaire dans des références morales et religieuses justifiant leur acte violent à l’égard des femmes. Le droit est muet en la matière, il est même ombrageux sur la question du statut de la femme. La question du statut est l’une des aspects qui exacerbent les comportements et les actes de violences à l’égard de la femme algérienne au sein de la société.

Les violences faites aux femmes trouvent leur explication dans l’approche qui aéré conçue à l’égard de la femme en tant qu’entité au sein de la société. La femme est minorée, traitée comme citoyenne de seconde zone.

Il est temps que la société change son regard à l’égard de la femme et que les lois et la jurisprudence fassent leur mue quant à la condition de la femme et les conséquences qui en résultent par rapport à cette condition infâme et infamante.

Rachid Malik

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