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Amérique du Sud., Impérialisme, USA

Claude Morin-Cuba est la cible d’une campagne médiatique. Il n’y a pas un soulèvement social. Une autre opération de déstabilisation

Par Farid Longo publié le 14 juillet 2021

Pour toutes celles et ceux qui  »doutaient » des intentions de la nouvelle administration américaine!

Merci Claude pour ton pertinent éclairage sur la situation présente à Cuba. Tu démontres très précisément que c’est l’application du plan  »changement de régime »que l’impérialisme à utilisé sous d’autres cieux, dans d’autres pays dans le monde et classés comme ennemi du  »monde libre » sous couvert de démocratie et de droits de l’homme comme les exemples des  »printemps arabes » notamment.

Pourquoi Cuba et maintenant ?

À mon humble avis, outre les faits probants que tu cites, les difficultés quotidiennes que vit le peuple cubain, le scénario cubain comporte des similitudes avec le scénario iranien avec la politique du blocus sauf que Cuba constitue le bastion le plus avancé du front anti impérialiste actuellement en plus d’être le voisin dangereux à vol d’oiseau le plus proche.

L’arrivée de la nouvelle administration US ne change pas la nature de l’impérialisme américain. Bien, au contraire, la théorie du  »changement de régime » à surtout été expérimenté par l’administration démocrate dans le monde.

Cette administration ne veut pas se laisser  »déborder » au plan intérieur sur la question » cubaine par le parti républicain. Ces événements interviennent également après une tournée de l’actuel président américain en Europe pour la réaffirmation de l’alliance stratégique des pays de l’Otan face la Chine et la Russie. Enfin, il me semble que le changement de garde dans la direction cubaine peut être vu comme un moment propice pour le déclenchement de l’opération.

Farid Longo

Cuba est la cible d’une campagne médiatique.

Il n’y a pas un soulèvement social.

Une autre opération de déstabilisation

Par Claude Morin

Publié mercredi 14 juillet 2021

Radio-Canada m’a proposé de participer à des entrevues à des antennes régionales sur les événements à Cuba. J’ai refusé de participer à une campagne médiatique qui veut nous faire croire que Cuba est en passe de connaître un soulèvement social. Et qui serait destinée à justifier une intervention « humanitaire » alors que le vrai responsable est le blocus infâme, criminel que les États-Unis ont renforcé contre Cuba sous l’administration Trump. Et qu’ils cherchent à profiter de la pandémie pour redonner vigueur à leur politique de « changement de régime » en cours depuis 1959.

J’expose ci-après ma lecture des événements.

Cuba est la cible d’une campagne médiatique orchestrée depuis l’extérieur. Une campagne qui exploite une situation très difficile dans l’île avant tout économique, mais aussi sanitaire. La dimension économique résulte avant tout de l’impact du blocus institué en 1962, mais qui connaît son paroxysme en raison des 243 mesures décrétées par l’administration Trump à partir de 2017 et qui n’ont pas été abrogées par l’administration Biden. Ces mesures ont asséché l’accès aux devises pour l’État cubain et pour les familles qui bénéficiaient de transferts monétaires et profitaient du tourisme. Les Cubains font face à une pénurie d’aliments, de médicaments, à des pannes électriques. La dimension sanitaire résulte évidemment de la pandémie qui sévit à Cuba et qui connaît depuis quelques semaines une accélération dans la contagion. Jamais Cuba qui affiche l’une des meilleures performances dans les Amériques n’avait enregistré autant de cas positifs ni autant de décès par jour. Il a fallu remettre en place des mesures sanitaires pour tenter de juguler la hausse des contagions. Pas surprenant que dans ce contexte se manifeste dans la population une évidente lassitude et une certaine désespérance face à l’accumulation de difficultés et de frustrations dans leur vie quotidienne. Des difficultés et des frustrations qui ont leur origine non pas dans l’inaction de leur gouvernement, mais dans la politique que Washington continue de suivre à l’égard de l’île en dépit de promesses électorales à l’effet de renouer avec la ligne adoptée par Obama vers la fin de son mandat.

Les événements de dimanche dernier ne constituent pas un soulèvement social. Les mobilisations qui se sont produites dans plusieurs villes et quartiers de La Havane ont été organisées depuis l’étranger et par l’entremise des médias sociaux. Les opérateurs sont à l’étranger. Une société de Miami, Proactivo Miami Inc., lancée le 15 juin dernier avec des fonds de l’État de Floride, en constitue le noyau. Elle a créé le mot-clic #SOSCuba et au moyen d’une technologie sophistiquée utilisant des robots et des algorithmes elle a cherché à en faire une tendance mondiale en faisant appel à des artistes et à leurs réseaux. Des centaines de milliers de gazouillis en ont découlé. Entretemps à Cuba des agents payés par l’étranger ont répercuté la campagne en organisant des manifestations le 11 juillet. Des opposants connus des autorités ont été rejoints par des participants recrutés parmi les marginaux avec de l’argent et de l’alcool. Des actions violentes (avec des pierres et même des armes blanches) ont été perpétrées contre d’autres Cubains et les forces de l’ordre. Il y a eu des blessés. Il y a eu des arrestations.

Cela fait plusieurs mois que des prétendus artistes organisent des manifestations « culturelles » dans des quartiers s’en prenant aux symboles patriotiques et aux fonctionnaires du ministère de la Culture au nom de la liberté d’expression. Ils cherchent à se faire arrêter. Ils reçoivent de l’argent de l’extérieur. Ce sont des mercenaires qui vivent de la provocation. Guillermo Fariñas, Daniel Ferrer, Luis Manuel Otero Alcántara sont des habitués de ces actions. L’objectif est de faire scandale à Cuba et à faire parler d’eux à l’étranger. Les médias, la diaspora de Miami et le State Department leur accordent une importance démesurée. Les médias sociaux sont leur caisse de résonance. Le mot d’ordre est « Liberté ». C’est ce mot que scandaient des manifestants mobilisés dans une douzaine de villes à travers l’île. Mais ce mot ne rejoint qu’une fraction militante des manifestants. D’autres réclament des solutions immédiates à leurs problèmes qui sont matériels et non politiques.

Nous sommes devant une opération de déstabilisation à la façon des révolutions de couleur qui ont essaimé dans le monde depuis 2000. Il m’apparaît clairement que les instigateurs du mouvement sont aux États-Unis ou y sont associés depuis l’étranger. Je crois que le gouvernement cubain saura garder le contrôle de la situation. Il y aura des arrestations en accord avec les lois cubaines et en réaction aux actions perpétrées. Mais Cuba n’est pas la Colombie ou le Chili. La police ne tire pas contre les manifestants. Elle n’utilise pas des véhicules blindés.

La majorité des Cubains sont solidaires de leur gouvernement et savent qu’ils n’ont rien à attendre de positif de l’intérêt que leur porte la Maison-Blanche alors qu’elle ne fait rien pour alléger leur souffrance en maintenant en vigueur un blocus criminel qui les affame. La Maison-Blanche fait preuve d’un cynisme éhonté lorsqu’elle demande au gouvernement cubain – qu’elle qualifie d’« autoritaire » – d’écouter les protestataires. Alors que c’est elle qui est responsable de la souffrance que connaissent les Cubains et qu’elle prétend utiliser de façon opportuniste la pandémie pour orienter le cours des événements à Cuba.

Claude Morin

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