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Algérie Politique, Chroniques

Mohamed Achir-L’Algérie face à la drogue : une guerre d’usure conventionnelle

L’ Algérie face à la drogue : une guerre d’usure non conventionnelle

Par Mohamed Achir

Publié le 1er juillet 2021

Il y a quelques jours des pêcheurs ont alerté les services de sécurité de la présence de colis suspects flottant en mer au large du port d’Oran. Les garde-côtes, sur les lieux, ont découvert une énorme quantité de cocaïne, soit 490,05 kilos répartis en 442 plaquettes, selon le communiqué du MDN.

Cette quantité est à rajouter à la saisie de plus de 25 tonnes de résine de cannabis et des centaines de milliers de boîtes de psychotropes introduites au cours des quatre premiers mois de l’année en cours.

Redoutables armes non conventionnelles, les drogues et les divers psycho-actif menacent véritablement l’Algérie entière, État et société. Ils détruisent chaque année la vie et l’avenir de dizaines de milliers de personnes dont les jeunes et les étudiants en constituent la catégorie la plus touchée et la plus exposée à ce fléau. Selon l’office national de lutte contre la drogue et toxicomanie ( ONLCDT), le nombre de personnes en cure de désintoxication a atteint 21638 en 2020 ( voir El Watan de 28 juin 2021). Un indicateur qui est loin de révéler, bien entendu, la réalité du terrain sachant que dans la même année plus de 28500 personnes ont été arrêtées pour détention et consommation de drogue et que la majorité des victimes refuse de subir les soins dans les centres de désintoxication.

La position géographique de l’Algérie attire les convoitises des organisations internationales criminelles et des cartels qui contrôlent la chaîne mondiale de la drogue. Faut-il souligner que des Etats de l’Amérique Latine ont quasiment perdu le contrôle sur des zones importantes de leurs territoires et villes, à l’exemple de Tijuana et Juárez au Mexique, qui ont basculé sous le diktat des narcotrafiquants. Ces territoires sont transformés en véritables Hub de transformation et de transit de drogue vers les pays du Nord, notamment les USA et l’Europe qui offrent un marché potentiel et une demande très solvable pour certaines variétés (héroïne, cocaïne…etc.).

La guerre contre la drogue déclenchée par les autorités du Mexique en 2006 a coûté la vie à plus de 200 000 personnes. Une forme de guerre d’usure qui ne fait qu’affaiblir les États afin de les anéantir et les soumettre à des réseaux criminels multinationaux. Les puissances internationales sont-elles elles dépassées face à ces réseaux? Sont-elles laxistes ou complices avec certains caudillos ? Faut-il redéfinir la coopération internationale dans la lutte contre la drogue ?

L’Etat algérien est-il préparé face aux affres atroces de ces agressions dangereuses et non conventionnelles ? D’autant plus que la côte maritime, les frontières avec le Maroc et les pays subsahariens sont convoitées par des organisations mafieuses en connexion avec des sous-traitants locaux et des terroristes. Le pays risque d’être inondé davantage et se transformer en un Hub de transit vers l’Europe et le Moyen Orient.

La sécurité intérieure et la protection de la population deviennent aujourd’hui un défi majeur à relever face aux nouvelles alliances tissées par les organisations terroristes et la drogue.

Profitant des conflits qui ont détruit les autorités centrales des pays comme la Libye et le Mali, leur repositionnement dans la région Sahélo-sahélienne vise à contrôler des immenses territoires et diversifier des activités lucratives inhumaines comme le trafic d’être humain, l’émigration clandestine et la vente des armes. Leurs liens s’étendent à plusieurs régions du monde. C’est une forme de mondialisation criminelle guidée par des nouveaux acteurs transnationaux. C’est toute la stabilité mondiale qui est réellement menacée. Les forces de l’ANP ont fourni des efforts très important dans la lutte contre ces dangereux fléaux.

Les bilans publiés périodiquement concernant des arrestations de narcotrafiquants et de mercenaires montrent combien la mission est très difficile. Les technologiques de surveillance satellitaire pour un contrôle efficace et instantané des mouvements dans les frontières est plus qu’une nécessité pour éviter les pièges de la guerre d’usure non conventionnelle de la drogue. Une question qui relève de la sécurité stratégique et nécessitant une approche structurelle et intégrée.

Mohamed Achir

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