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Rachid Malik-La démobilisation générale a gagné le mouvement populaire de 22 février – Les causes de la débâcle du « Hirak »

La démobilisation générale a gagné le mouvement populaire de 22 février. Les causes de la débâcle du « Hirak »

Par Rachid Malik

Publié samedi 26 juin 2021

Le pire dans cette entreprise machiavélique, c’est que tous ceux et toutes celles qui récusaient la démarche desdits représentants autoproclamés du « Hirak » étaient accusés de tous les noms d’oiseaux et d’obscénités.

Le mouvement populaire qui s’est imposé comme élan spontané un certain 22 février 2019 comme réponse à un statu quo le moins que l’on puisse dire despotique ne mobilise plus.

Depuis que la connotation a pris une autre tournure, à savoir le « Hirak », les choses commençaient déjà à se manifester autrement, c’est-à-dire avec un préjugé dont ses racines remontent à la période des années 90 du siècle écoulé où les islamistes obscurantistes voulaient reproduire le « prisme » théocratique avec « rétroactivité » dans le but de canaliser et orienter le mouvement populaire vers des situations de confrontation et aussi le détournement de l’élan salvateur de tout un peuple épris du changement et de liberté.

Les choses ne se présentaient pas de cette façon au tout début dudit élan populaire, d’ailleurs c’est simple, la majorité des Algériens et des algériennes clamaient et scandaient des slogans dont le contenu faisait exprimer l’attachement aux valeurs de la patrie et pétri d’énoncés de la démocratie et de la justice sociale et de l’égalité entre femmes et hommes.

Durant cette période phare, la mobilisation prenait de l’ampleur, les manifestations exprimaient une nature montrant l’aspect de la diversité et de la pluralité dans toutes expressions.

Mais dès que les slogans hostiles au statut de la femme, à l’Institution militaire et au changement démocratique et social comme projet en soi, les obscurantistes islamistes à travers les reliquats de l’ex-FIS et les populistes et les « qui-tu-quistes » et autres forces obscures à la solde des officines étrangères, ont commencé à faire semer les divisions et l’émiettement de la mobilisation et de l’élan populaire jusqu’à le rétrécir telle une peau de chagrin.

Cette réalité qui a été précédée par des signes qui ne trompaient pas, était soulevée par les sociologues et les politologues qui alertaient l’opinion publique des objectifs malsains et néfastes de certaines castes et forces obscures qui visaient d’imposer son hégémonie sur le mouvement populaire et faire de lui un instrument idoine pour se servir et pourquoi pas l’instrumentaliser pour son compte et espérer se « venger » de la période des années 90.

Les nébuleuses qui se faisaient pénétrer au sein du mouvement populaire n’avaient pas le courage au tout début de l’élan de 22 février 2019 d’afficher la couleur idéologique et politique au risque de se voir discréditer et rejeter par la majorité des Algériens et des Algériennes qui sont sortis pour faire un terme à un cinquième mandat de l’humiliation et stopper le rouleau compresseur des forces oligarchiques qui ont pris l’Etat national en otage.

La phase ultime de la débâcle du « Hirak » commençait à s’esquisser lors des appels de beaucoup d’Algériens et d’Algériennes pour organiser le mouvement et de le doter d’une structure avec des objectifs clairs et précises. Cette attente a été sabordée par les autoproclamés représentants du « Hirak » qui criaient haut et fort que le « Hirak » n’a pas besoin de structuration et d’organisation. Pour les autoproclamés représentants du « Hirak », les choses étaient claires, pour eux le peuple n’a pas besoin de structure, mais eux, ils doivent continuer à parler au nom du « Hirak » et au nom du peuple même.

C’est durant cette étape cruciale du mouvement populaire que des voix dissonantes commençaient à se faire une place au sein du mouvement populaire pour lui changer sa trajectoire et de le détourner de sa vocation initiale.

Le pire dans cette entreprise machiavélique, c’est que tous ceux et toutes celles qui récusaient la démarche desdits représentants autoproclamés du « Hirak » étaient accusés de tous les noms d’oiseaux et d’obscénités.

La démobilisation prenait un sens très net et clair lors des vendredis qui se succédaient d’une manière visible.

La manipulation et la récupération qui se faisaient à travers les réseaux sociaux en colportant des impostures et des mensonges ont été pour beaucoup dans la dégringolade de la mobilisation et de l’élan historique de 22 février 2019.

Le dégagisme et le rejet de toutes les initiatives et des démarches émanant y compris des éléments qui avaient une implication au sein de la dynamique du mouvement populaire a participer d’une manière perceptible dans la démobilisation des pans importants des manifestants qui voyaient dans cette entreprise une manipulation grossière et sordide des nébuleuses sous des expressions obscurantistes et identitaires.

Rachid Malik

1 Comment

  1. Ali Chaïb CHERIF

    Je pense que le Hirak n’a rien de spontané. Ceux qui l’avaient planifié avaient misé sur le mécontentement populaire pour rejeter le système en vue d’instaurer un autre système fantoche inféodé à des agendas dans la continuité des révolutions colorées. Les forces occultes pensaient avoir lancé le peuple comme un moteur et avaient commencé à montrer le bout du nez par des slogans hostiles aux constantes du pays. La masse s’est instinctivement aperçue du stratagème et s’est retirée; ce qui explique le désarroi des commanditaires qui font feu de tout bois, ne désespérant pas d’ instaurer le chaos dans le pays.

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