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Mohamed Mezghiche – C’est quoi le système ?

C’est quoi le système ?

Par Mohamed Mezghiche

Le 05/06/2021

«  …Toutes les luttes politiques sont des luttes de classes et que toutes les luttes émancipatrices de classes – malgré leur forme nécessairement politiques car toute lutte de classe est une lutte politique- tournent, en dernière analyse, autour de l’émancipation économique  »

F.Engels  ; Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande

Dans un Etat, les droits administratifs, la fiscalité, le budget, les finances publics et les droits constitutionnels sont déterminés par les conditions économiques. De même les droits civiques des citoyens tels que les libertés de conscience, de pensée le droits à la sécurité et autres droits individuels, ne font que sanctionner «  les rapports économiques normaux qui, dans des conditions données, existent entre les individus  »*

Une fois le pouvoir acquis par une classe, elle va s’employer à contrôler le système politique, la structure économique, l’organisation sociale et la sphère culturelle. Sa tâche fondamentale, pour préserver ses intérêts, lui dicte à oeuvrer à garder le pouvoir et se rendre indispensable et incontournable dans tous les secteurs d’activité et politique de la société.

Une des priorités de la classe au pouvoir est de donner un sens à son rôle pour légitimer son action et asseoir son hégémonie sur la société. Elle adoptera l’idéologie qui serve ses intérêts de classe. Par exemple la bourgeoisie dans les pays occidentaux et celle des pays de sa périphérie affichent l’idéologie libérale avec toutes les conséquences induites que l’on connaît sur la société et les travailleurs. Pour d’autre pays conservateurs ou des pays dont des conditions liées à leur historique rendent difficile d’afficher et d’assumer l’idéologie libérale, alors la classe au pouvoir donnera une version plus soft au libéralisme en l’encensant par des préceptes religieux ou de nationalisme. L’idéologie libérale ne sera pas ainsi rejetée et facilement acceptée par la majorité.

La diffusion de cette idéologie est assurée par ceux qui détiennent le pouvoir à travers les médias  qu’ils contrôlent: la télévision, les radios et les journaux. L’école aussi joue un rôle important et fondamental dans le façonnage des esprits. Imposer à l’école son idéologie s’est s’assurer l’avenir et la perpétuation du système. C’est, ce qu’on appelle, le formatage de la société.

Ainsi la majorité de la population, soumise au matraquage des médias, devient un produit du système politique en place, dans le sens où leur mode de pensée et leur comportement socio-culturel se construisent en compatibilité avec celui voulu par la classe qui a le pouvoir entre les mains. La société devient, à son tour, le produit du système.

Les contradictions engendrées par les divergences, entre les intérêts matériels des classes de la société conduisent inéluctablement à des crises profondes dans la société et parfois à des bouleversements. Salvador Allende président du Chili, par exemple, a été assassiné parce qu’il voulait installer un état socialiste en nationalisant les secteurs clés de l’économie. La bourgeoisie chilienne aidée par les américains organisa un coup d’état et installa un régime dictatorial dirigé par la général Pinochet. L’occident avait béni ce coup de force car il préservait les intérêts de sa bourgeoisie au pouvoir. C’est pour eux le retour à la démocratie et à la liberté !

Les tenants du pouvoir, pour sauvegarder leur système et parfois aussi ceux qui luttent pour le pouvoir, donnent à leur actions des dimensions autre que sa véritable signification  ; c’est à dire comme le rappelle Engels, c’est une lutte de classe pour «  l’émancipation économique  ». Nous l’avons bien observé comment les slogans d’émancipation du Hirak à ses débuts ont été dévoyés par des groupes qui visaient la conquête du pouvoir avec comme slogan «  tout changer pour que rien ne change  ».

Mohamed Mezghiche

*Voir F Engels ; Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande (Editions sociales pp75)

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