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Arts et littérature.

Yacine Abdelmalik Foudala-Lettre d’un fils à son père

Lettre d’un fils à son père

Yacine Abdelmalik Foudala

Publié le le 28 mars 2021

Il est difficile de te dire certaines choses,

Maintenant que ta présence me fait tristement défaut,

Mais il m’est agréable de croire que par un miracle inexpliqué,

Quelques-uns de ces fragments

Puissent résonner et faire écho dans les cieux lointains,

Où tu te laisses aller,

Légèrement et allègrement au gré des souffles célestes

Qui s’évertuent à te faire faire une dernière virée

Par-dessus la terre que tu aimais tant,

Et de laquelle je m’adresse à toi.

Du haut de ton ascension stellaire,

Ne me demande pas à moi,

Petite entité terrestre,

D’étouffer mes larmes et d’être digne,

Je n’en ai pas la force,

Sache que j’aime à penser,

Que le déluge serve à laver mon âme,

De toute sa tristesse,

De tout son chagrin,

De toute ton absence,

Qu’il me permette de préserver

La pureté des souvenirs

Plus longtemps encore,

C’est même comme ça que je conçois la force et la dignité,

En faisant face aux divers états d’âme,

Sans chercher à y échapper

Cette façon de faire,

Je sais que tu l’as toi-même expérimentée,

Il y a fort longtemps,

Tes yeux en ont gardé une trace ineffaçable,

Et les yeux comme tu me l’as dit maintes fois,

Ne mentent pas.

Tu as eu beau mettre un masque de despote,

Lorsqu’il te fallait faire preuve d’autorité,

Et d’accepter de jouer le rôle du père intransigeant,

Quand les conditions t’y obligeaient,

Je ne t’ai certes pas toujours facilité la tâche,

Mais qu’aurai-je pu savoir des regrets

Avant d’en avoir goûté les amères liqueurs?

Et qu’aurai-je pu comprendre de la vie

Sans en avoir été moi-même l’acteur?

Tu savais mieux que personne

Que les joies, les peines,

Les déceptions et les épreuves

Jonchaient toujours les chemins de l’apprentissage,

Et que l’expérience n’était pas qu’un mot

Employé au hasard des bavardages.

C’est donc grâce à cette sensibilité,

Que même sous l’apparence de la colère,

Je ressentais chaudement tes sentiments,

Et que de tous les mots durs dont tu m’accablais,

Je n’en gardais que les encouragements,

Bien sûr, peu de gens sont arrivés à lier,

Ton caractère parfois dur,

Ton fond difficilement accessible

Aux événements que tu as dû affronter,

Aux déchirures d’antan,

À ta difficulté d’être,

Mais il en est qui n’arrivent jamais à outrepasser leur égotisme,

Pour s’ouvrir aux valeurs réelles de la vie,

Ils restent de ce fait et parfois malgré eux,

D’éternels adolescents.

De là où tu te trouves,

Au-delà des ciels étoilés,

Reçois mon salut,

Et sache que malgré les larmes acides,

Sur mon visage en fête,

Tu resteras toujours un sourire sur mes lèvres.

Et un miel sur le cœur.

Yacine Abdelmalik Foudala

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