Ce site présente les études, réflexions et publications du "Collectif novembre pour la souveraineté nationale, une économie autocentrée et le socialisme." L'ordre des objectifs est notre ordre de priorité.

Arts et littérature., Chroniques

Une absurde conception de l’indépendance énergétique-par Mohamed Adjou(chronique).

Mercredi 17 janvier 2018.

Par Mohamed Adjou.

UNE ABSURDE CONCEPTION DE L’INDEPENDANCE ENERGETIQUE 

je suis rentré de la ville, l’œil droit rivé sur le tableau de bord parce que le voyant carburant s’est allumé et celui de l’échéance vidange aussi…

L’œil gauche, je n’en use plus pour cause de cataracte avancée…

Mais ce n’est pas parce que mon attention était concentrée dans mon œil qu’elle avait déserté mes oreilles…

Et tout en surveillant les sétifiens qui me doublaient allègrement, les bougiotes qui tentaient vainement de le faire et les m’sili que je dépassais en jubilant, je tendais mes deux oreilles à ce que disait la radio…

Et j’ai entendu monsieur le directeur de Sonatrach, de Tiguentourine qui se remémore l’attaque terroriste subie il y’a 5 ans, affirmer avec une profonde auto-conviction que sa société allait s’investir dans le raffinage…

J’ai pensé: « et c’est maintenant qu’ils y pensent ? »…

puis j’ai écouté la suite et appris qu’en réalité, Monsieur le Président Directeur Général ne parlait pas de construire des raffineries mais de prendre des participations dans des raffineries existantes outre-mer et de recourir au processing: « nous allons transporter notre pétrole vers des raffineries étrangères, le transformer moyennant paiement, en essence et gasoil et le ramener »…

Moi je ne connais pas grand chose à ces histoires mais je peux présumer qu’on tire à côté quand on adopte ces deux méthodes et qu’on les justifie par notre volonté d’indépendance énergétique car je ne crois pas qu’il y’ait méthodes plus sûres d’inféodation et de dépendance que celles-ci…

Je ne suis pas au courant des prix du transport du pétrole brut et de celui des carburants en retour pour dire à combien reviendra la charge de transport du litre de ce carburant mais je présume que ce sera au moins égal au prix du brut auquel on ajoutera la charge du process…

Et je ne comprends pas pourquoi on veut faire toute cette gymnastique alors qu’il est plus facile et plus sécurisant de construire nos raffineries chez nous, quitte à nous associer à 49/51% avec des étrangers…

Je suis persuadé que nous amortirons ainsi en une poignée d’années ces raffineries uniquement en ne concédant pas les charges de transport du brut et de son retour raffiné… et que ça nous permettra, au lieu de mobiliser nos tankers dans ces navettes inutiles, à les utiliser pour livrer nous-mêmes le carburant de nos raffineries aux autres au lieu d’aller le chercher de chez eux…

Arrivé à ce stade de ma réflexion, j’ai maudit Ibliss et je me suis dit: « wach dakhall djeddek ? Nta hayer fel plein dialek ou tel3ab’ha Nicolas Sarkis ! »…

Ce qui donne à peu près: « de quoi tu te mêles ? Règle d’abord le problème de ton plein de carburant au lieu de jouer au Nicolas Sarkis !

Mohamed Adjou. Djebahia. mercredi 17 janvier 2018

Leave a Reply