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Introduction à la traductologie. Par Nabila Chaib.

Par Nabila Chaib. Chargée de cours / doctorante en traductologie. Université de Montréal.

Au commencement était…James Holmes

Comme toute pratique cognitive, la traduction suscitait des questionnements. Pendant longtemps, la notion de fidélité était au cœur des débats.  Doit-on traduire de façon libre ou de manière littérale? Tel était le principal souci des traducteurs. S’éloigner du texte, notamment le sacré, constituait une hérésie et était passible de mort dans certains cas. En témoigne le sort réservé à Etienne Dolet*, premier martyr de la traduction.

La dichotomie réductrice opposant le mot à mot au sens a fait couler beaucoup d’encre.  Est-ce que le traducteur se doit d’être fidèle à la lettre ou au sens?

Aussi, le grand orateur Cicéron y est allé de sa prescription en mettant en garde de ne pas Traduire verbum pro verbo (mot à mot), privilégiant ainsi le sens et préconisant, de ce fait, une Traduction libre.

Saint Jérôme a lui aussi loué les mérites d’une traduction libre (sens par sens) pour tous les textes excepté les Saintes Écritures qu’il fallait traduite littéralement (mot à mot).

De Cicéron jusqu’à Vinay et Darbelnet en passant par Mounin, le principal souci du traducteur était de définir des règles et des procédés qui permettent de faire une bonne traduction.

Théoriser la traduction ne pouvait se concevoir autrement que de manière prescriptive.

C’est dans un contexte dominé par l’approche prescriptiviste que les études descriptives en traduction ont fait leur apparition.

C’est à James Holmes que revient le mérite d’avoir posé les premiers jalons de cette discipline (la traductologie).

À l’occasion d’une conférence tenue à Copenhague en 1972, James Holmes expose sa vision de la traduction, laquelle fera l’objet  d’un article intitulé « The Name and Nature of Translation studies ». Par cet article, James Holmes signe la déclaration d’indépendance de la traduction comme discipline à part entière.

Discipline qui s’appellera désormais Translation Studies en anglais. La langue française adoptera plus tard le néologisme proposé par Richard Harris en 1973 : traductologie, laquelle se conçoit désormais comme discipline indépendante empirique dont les principaux objectifs sont de décrire le phénomène traductionnel et aussi de proposer de théories prédictives et explicatives.

C’est donc Holmes qui donne ses lettres de noblesse à la traduction, longtemps considérée comme dépendante de la linguistique ou de la littérature comparée, opérant ainsi une véritable révolution copernicienne qui changea à jamais la manière de penser la traduction.

Portée de l’approche descriptiviste de la traductologie

La réflexion traductologique, à l’aune de l’approche descriptiviste, s’éloigne de  l’appareil théorique prescriptif dans lequel elle s’était longtemps figée. Elle entame une nouvelle ère en s’appuyant dorénavant sur un édifice conceptuel neuf qui prend en compte la langue, la culture et la société d’accueil. Ce renouvellement théorique l’inscrit, par voie de conséquence, dans une dimension sociale qui lui était jusque-là inconnue.

L’approche cibliste (orientée vers la langue cible et la culture cible) de la traductologie a amorcé un changement de paradigme important dans la discipline. Elle est également à l’origine des diverses ramifications théoriques que nous tenterons d’exposer dans cet article.

Manipulation School

Le descriptivisme et son corollaire, la contextualisation, ouvrent un paradigme de recherche fertile et alimente des concepts des plus intéressants comme la manipulation school initiée notamment par Lefevere et Bassnett.

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