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Arts et littérature., Chroniques

LES VRAIS PAUVRES NE SONT PAS CEUX QU’ON CLASSE COMME TELS. Mohamed Adjou (chronique).

Jeudi 3 janvier 2019.

Par Mohamed ADJOU.

Le Collectif novembre a rajouté la catégorie "Chroniques" et "Billets' à son blog. Nadia Belkacemi, Zohra Mahi et Mohamed Adjou en sont les premiers phares. Ils nous ont autorisés à choisir quelques-uns de leurs textes pour publication. Nous les en remercions et les remercions pour leur créativité au quotidien.

LES VRAIS PAUVRES NE SONT PAS CEUX QU’ON CLASSE COMME TELS.

J’entends souvent parler de « carte sociale », de détermination des niveaux de revenus, de pauvres et de riches… je dis, et vous excuserez l’usage de ce terme: foutaises que toutes ces théories … et ces pratiques !

Dans un pays où l’informel domine l’économie à 90%, comment identifier qui est qui et qui a quoi ?…

L’Etat a un seul moyen de déterminer les revenus des citoyens: ses fichiers… celui des salaires, celui du commerce et celui du fisc… C’est à dire qu’il peut classer ceux qui sont inscrits dans le formalisme qu’il a instauré… tout le reste de la population qui brasse 90% des richesses du pays et qui agit dans l’extraordinaire et opaque nébuleuse informelle est totalement hors de son contrôle et de ses possibilités d’inventaire…

En ne maîtrisant que 10% de l’information, l’Etat a encore aggravé les déséquilibres car son « mécénat » démagogique qu’il use pour se garantir la paix sociale lui fait distribuer avantages et prébendes à la masse informelle en attribuant des logements, des primes de scolarité, des allocations familiales, des paniers du Ramadhan, des seuils de réduction dans le prix du gaz, de l’électricité et de l’eau, un soutien des prix des produits de première nécessité, une aide à la construction etc… aux populations qui échappent à son contrôle, favorisant ainsi des fortunes informelles colossales et encourageant des pans entiers de la population à se retirer du formalisme afin d’éviter d’être fichés et donc exclus de ces avantages…

Cette manière de faire a une conséquence désastreuse sur la classe moyenne qui se recrute dans les services publics de l’Etat: enseignants, policiers, militaires, cadres industriels, médecin, petits métiers et commerces, professions libérales… qui se retrouvent classés comme aisés et donc non seulement exclus des subsides mais soumis aux ponctions à l’instar des gros fortunés des affaires et de la politique, ce qui les oblige à recourir aux faux pauvres pour louer les appartements dont ces derniers ont bénéficié sans besoin ou leur acheter de leurs commerces informels leurs habits, nourritures, fournitures etc… non déclarés…

Avec cette gouvernance qui n’a ni le courage de généraliser le formalisme ni l’intelligence de gérer l’informel, nous nous retrouvons dans la pire des situations économiques qu’un pays puisse subir: l’économie de bazar agrémentée de transferts sociaux…

Ou roh effriha n’ta !

Mohamed Adjou. Djebahia. 3 janvier 2019.

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