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Décembre 60 et le drôle de positionnement du Monde diplo. Abdelalim MEDJAOUI.

Abdelalim MEDJAOUI, décembre 2020.

Le Monde diplo. a cru, en ce Décembre sacré, commémorer avec nous, comme à son habitude, le grand événement. Seulement, cette année, il a ouvert ses colonnes à un drôle d’article…Drôle par son titre, son contenu et par le côté singulier de son auteur… Drôle de façon aussi de fêter avec nous, Algériens, ce glorieux anniversaire !  

« Un hirak avant l’heure ! »…

…tel est le titre de l’article[1]. Son objet est immédiatement illustré par la première phrase :

« Les manifestations de masse qui ont bouleversé l’Algérie entre février 2019 et mars 2020, date à laquelle elles furent suspendues en raison de la pandémie de Covid-19, résonnent avec un événement majeur autant que méconnu… » (Cnqs)

Mais quel est le véritable sens de cette résonnance ? C’est la question que ne semble pas s’être posée – incroyable inadvertance ? – une direction du Monde diplo., sans doute heureuse… admettons-le, de disposer de quoi contribuer au recueillement des « amis » Algériens devant les victimes de ce Décembre-là et de partager avec eux le souvenir de cet instant glorieux annonciateur de l’enterrement de « l’Algérie française » et de la fin du cauchemar de l’occupation coloniale…

Quant à nous, nous pensons pouvoir montrer ce sens en passant par… de Gaulle !

Mais rappelons d’abord un temps douloureusement évoqué par l’auteur du beau poème « Le scorpion », admirablement chanté par Montand. On ne peut que vibrer encore avec ce passage, en particulier, où Nazim dit :  

« Tu es comme le mouton, mon frère,

      Quand le bourreau habillé de ta peau,

             quand le bourreau lève son bâton,

      tu te hâtes de rentrer dans le troupeau

             et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier… »

Le poète mettait là tout son talent pour aider le mouvement révolutionnaire à faire sauter ce goulot d’étranglement « panurgien » sur lequel il buttait.

Et l’on sait toute la part du Monde diplo. dans les efforts de plus en plus difficiles pour maintenir à flot ce mouvement réduit aujourd’hui en Europe à une sorte de radeau de la Méduse…

  • Nazim Hikmet nous a quittés trop tôt pour que lui arrive le sens de notre Décembre 1960 ; mais Il aurait été comblé, s’il avait pu le saisir ! Il aurait pu se passer du pessimisme douloureux dont il a empreint son poème pour renforcer la charge symbolique propulsée contre la faiblesse – de troupeau de Panurge – qui entrave le combat vital… Il aurait plutôt fait chanter l’optimisme révolutionnaire insufflé par l’échec infligé à un de Gaulle habillé de la peau « algérienne ». Il aurait magnifié la perspicacité du peuple résistant qui ne s’est pas laissé avoir par la présentation, par le Général, de l’abandon de « l’Algérie algérienne » comme d’une offre de sa part… il aurait chanté cet acquis comme le fruit de l’héroïsme des « braves » de l’ALN et du magnifique peuple multiple qui les soutenait de toutes ses forces et ses moyens… acquis qui est justement le point de résonnance avec le Hirak de février 2019 !
  • Nazim aurait su exalter cette fissure provoquée dans la carapace de l’empire par la lutte de « l’humanité coloniale » et de ses « damnés », s’ouvrant ainsi la voie irréversible de la libération ; et la présenter comme exemple et encouragement au propre combat de son émule, « l’humanité prolétarienne », dont il peignait l’impasse dans son émouvant poème…

Revenons à de Gaulle : En ce décembre de l’année où les gaullistes tentent de célébrer le 50e anniversaire de la disparition de leur chef, on a produit un beau[2] film sur le parcours du grand homme. Il est utile et important, pour nous, de nous intéresser à son riche parcours ainsi retracé.

De Gaulle a imposé sa haute stature pendant la dernière guerre mondiale, où il a conduit les destinées de la France qui a combattu l’occupant hitlérien. Il a créé, pour diriger cette France, un GPRF – que rappelle notre GPRA – et, pour affirmer sa présence sur les lieux du combat, une résistance réelle que personne ne peut mettre en doute[3]… comme notre FLN-ALN, toutes proportions gardées cependant.

Mais, il n’a pu faire flotter le drapeau de la France avec ceux des « Alliés » qu’après l’avoir arraché des mains de l’État fasciste en regagnant à l’État et à la légalité républicains l’armée qui donne aux couleurs nationales leur éclat et leur force symbolique. Grâce à quoi il a arraché également au général américain, Eisenhower[4], le droit pour l’armée française d’entrer à Paris en libératrice avec les armées alliées victorieuses américaine et britannique…

De Gaulle a donc mené un combat intérieur contre un pouvoir qui opprime les résistants à l’occupation et un combat externe pour éviter à son pays de devenir un protectorat administré par une autorité étrangère comme un pays vaincu, tels l’Allemagne, l’Italie et le Japon.

Pour ce qui est de notre propre combat de libération nationale, il ne faut pas être Einstein, me semble-t-il, pour voir que c’est en référence au premier couronnement, en décembre 1960,  de la résistance de notre peuple – dont on ne peut oublier la part qu’y a prise la regrettée Giselle Halimi parmi d’autres amis de notre combat – que c’est en référence à cet acquis qu’on peut lire ce qui s’est passé en ce Février[5] 2019 : quand, sous la poussée irrésistible de notre majestueux Hirak, le regretté général A. Gaïd Salah a pu arracher l’ANP et le drapeau national des mains du pouvoir de la ‘içaba politico-militaire, pour les remettre au service de la légalité républicaine, de la défense de la patrie et de sa place dans le monde !

NOOO…N ! proteste notre auteur, plus hirakiste que le Hirak. Ce n’est pas ce que visait ce dernier, empêché, malheureusement par ce maudit Covid – mais ce n’est que partie remise ! estime-t-il –, de mettre en œuvre ce avec quoi il résonne avec Décembre 1960. Et de citer l’anthropologue James C. Scott[6] qui « a étudié », dit-il, cette « grande variété de formes discrètes de résistance qui n’osent pas dire leur nom » indiquant par là que « tout groupe dominé produit, de par sa condition, un texte caché aux yeux des dominants qui représente une critique du pouvoir »…

Mais alors le Hirak n’a-t-il pas réussi dans sa « critique du pouvoir » ? n’a-t-il pas rendu la parole au peuple après avoir culbuté ces « dominants » qui entendaient confirmer leur pouvoir à ses dépens en prolongeant « leur » mandat (d’un Président dont la maladie a fait perdre les moyens intellectuels) ?  

NOOO…N ! rétorque encore notre auteur. Il n’y a rien de tel. Le Hirak n’est pas dupe. Le pouvoir n’a fait que changer de fusil d’épaule et l’armée a encore renforcé son pouvoir autoritariste.

Mais alors, comment expliquer la marée humaine – le Hirak – qui a accompagné son chef, Ahmed Gaïd-Salah, à sa dernière demeure ? Ses funérailles, dont le pays célèbre avec recueillement le premier anniversaire en ce mois de décembre, auront été autant nationales que populaires, dépassant en solennité celles de certains de nos chefs d’État.

  • Si, au plan populaire, elles peuvent être comparées à celles de Boudiaf et de Boumédiène, elles s’en distinguent par le fait que contrairement à elles, le chef que le peuple accompagne à sa dernière demeure ne laisse pas, du fait de sa disparition, une crise de légitimité de pouvoir ; au contraire,  le peuple exprimait là sa reconnaissance au général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah de s’être acquitté d’une tâche complexe de salubrité politique en réponse à ses exigences et en appui sur elles, sans outrepasser ses prérogatives constitutionnelles, et d’avoir mené ce combat jusqu’à l’épuisement de ses forces.

Mais notre auteur n’en a cure… car sa voix se mêle à celle de tout un orchestre d’autres voix vêtues de la peau de l’« amitié » avec notre Hirak (Parlement européen, ONG diverses,…) qui déploie sa symphonie baroque dans le même sens « printanier »… croyant pouvoir tancer l’État algérien et en exiger le respect les droits de l’homme que ces chantres ont si bien défendus… en Libye par exemple, pour n’en rester qu’à cet attentat symbolique à ces conquêtes sacrées de la lutte des peuples…

Notre auteur, et concernant la grandiose démonstration administrée par les funérailles du général de corps d’armée A. Gaïd-Salah, se sent réconforté par l’appréciation péremptoire qu’en a donnée un autre historien, un autre « ami » – du genre « plus ami que moi tu meurs ! » – de notre Hirak et du combat de notre peuple pour sa libération : pour lui, les «  funérailles nationales de Gaïd Salah, […] ont officialisé post mortem le statut de dirigeant effectif du pays qui était celui du chef d’état-major ». Admirons l’ »élégance » de sa plume, pour illustrer son diagnostic sur le « régime à bout de souffle » : « La fin biologique de son chef, dit notre gentleman, en est l’illustration presque caricaturale. On a pour la première fois un patron des armées qui n’est pas issu des rangs de l’ALN. La parenthèse générationnelle est donc, si j’ose dire, mécaniquement fermée. Mais le régime lui-même ne s’est en rien amendé, et c’est pourquoi la pression populaire ne se relâche pas…»[7]

L’auteur de ce langage châtié n’a pas besoin d’une « peau », respectable, comme Le Monde diplo., pour bonifier sa production d’« historien ». Il emprunte celle d’un garde-chiourme de la Françafrique « habillé de la peau » de la jeune Afrique[8], pour déverser ses insolentes diatribes sur un État et son armée qu’il pense pouvoir faire plier à ses desideratas. Il ne se contente pas de produire un discours historique, il se rêve en acteur d’histoire, en chef, sur le terrain, d’un néo-commando Georges, façonnant un outil docile contre notre mouvement de libération (et l’État national qu’il ré-instituait) à partir de braves de ce mouvement retournés par les méthodes de la guerre psychologique… Mais il y a loin de la coupe aux lèvres…

Un danger pour l’histoire et les relations Algérie-France

Que signifie l’émergence de cette engeance d’« historiens » dans le champ historique français ? N’est-ce pas un signe de la régression intellectuelle dans laquelle s’enfoncent irrémédiablement l’État et la société en France ? La France des Lumières, en effet, poursuit son chemin de croix dans un cycle d’affaissement sur elle-même perdant petit à petit ses structures séculaires de lutte et de réflexion (partis, leaders charismatiques, centres d’étude… une des dernières places fortes de la pensée, Le Débat, ne vient-elle pas de fermer ses rideaux, faute de lecteurs ? quelle misère[9] !), au profit d’un lobbying qui élargit chaque jour ses aires d’intervention… Et une telle régression n’impacte pas seulement  la France. Elle est un danger pour l’histoire mais également pour les relations entre nos deux pays. Mais pour le montrer, je dois faire une digression…

De Gaulle avait réinstallé, à la fin de la dernière guerre, un État français avec toutes ses prérogatives de puissance victorieuse…  Mais un ersatz socialisant s’est installé à sa place à la tête de la IVe République : grâce au « Plan Marshall » qui l’assujettit à l’atlantisme, la France peut jouir alors de sa bahbouha des « 30 Glorieuses »[10] mais troque, par exemple, sa politique arabe traditionnelle contre une alliance sur tous les plans avec l’État hors-la-loi d’Israël, y compris la participation à ses équipées bellicistes – et Israël et son Mossad seront partie prenante dans la guerre d’Algérie !…

En matière coloniale, la IVe a hérité d’un empire meurtri par les drames (8 mai 1945 en Algérie, novembre 1946 à Haiphong, mars 1947 à Madagascar…) pour rétablir l’autorité de la France dont la défaite a encouragé les volontés de libération… mais sans prendre en charge la nécessaire concession que de Gaulle avait exposée à Brazzaville ! Fort d’avoir prévu cette contrepartie néocoloniale de changement de statut des colonisés que la IVe refusait dangereusement d’envisager, il a pu la balayer d’un revers de main et se réinstaller au pouvoir en mai 1958. Il a alors rétabli l’autorité nationale et internationale d’une France « respectable », mais n’a pu proposer sa solution qu’en décembre 1960… Et même s’il en a connu l’échec que l’on sait, il a – instruit de l’expérience de son GPRF –, su manœuvrer pour ne concéder une indépendance inscrite déjà dans les faits qu’à un avatar de GPRA-ALN, l’« Exécutif provisoire » et son inénarrable « force locale », chargés soi-disant d’organiser le référendum d’autodétermination. Mais il ne revient pas sur cette concession. D’autant qu’il a éliminé de son armée et de son État, ceux qui étaient opposés à elle, les poursuivant lorsqu’ils se sont regroupés dans l’OAS et dans la violence… 

Quant à l’État algérien qui doit prendre en mains l’Algérie indépendante, il naît imparfait : avec une grave coupure entre le GPRA et l’ALN : le premier, même sans être reconnu, plus ou moins contraint de négocier le compromis menant à une indépendance manifestement certaine ; L’ALN, marquant ses réserves envers une telle démarche qui remettait indument la solution entre les mains du colonisateur en lui reconnaissant le droit d’octroyer l’indépendance, alors que dans les faits elle s’était chèrement imposée à lui, qui n’avait plus les moyens de la refuser…

Néanmoins, entre les deux États, entre le redoutable « décolonisateur » et les dirigeants de la nation désormais indépendante s’ouvre une nouvelle étape dans leurs relations, des relations d’État à État…  De Gaulle alors, débarrassé du boulet algérien, s’attache à renforcer ses moyens et son indépendance de grande puissance… jusqu’au moment où, devenant un obstacle pour l’atlantisme et la volonté d’hégémonie américaine, on décide de l’éliminer, en lui organisant… un véritable « printemps » : mai 68 ! un salmigondis d’oppositions d’où ne sont absents ni les travailleurs et les communistes, ni les gens de l’OAS… le premier « printemps » du genre… Il ne résiste pas et part, mais le régime ne tombe pas. Pompidou prend la barre : il va même, pour parfaire la réforme monétaire qu’avait entamée son prédécesseur, jusqu’à réclamer à l’Amérique la valeur-or des réserves françaises en dollars-papier… quand une maladie opportune sonne l’heure de son départ… permettant à Mitterrand de présider la France.

Ses premières mesures : réhabiliter l’OAS, et notamment ses officiers que de Gaulle avait radiés… et remettre la France et son armée dans le cadre de l’Otan et de l’atlantisme…  

Du coup, pour les relations entre nos deux pays, ce n’est plus à l’adversaire dur en affaire mais ne reniant pas le compromis auquel il a souscrit après l’avoir terriblement défendu, que nous avons à faire. C’est l’État OAS qui revient à l’heure coloniale, avec la volonté de nier non seulement le compromis, mais la défaite.

B. Stora aura des difficultés à assumer sa tâche…

En matière d’histoire, justement, l’imposant héritage de l’école de L. Massignon – que tentent laborieusement de porter et de prolonger les Manceron, Theynaud, Mauss-Copeaux et autres Branche, sans parler de l’ostracisé Le Cour Grandmaison –, subit l’outrage des prétentions de ces néo-historiens à renouveler contre lui l’histoire en disqualifiant son acquis d’empathie humaniste. Et l’on soupçonne qu’un lobbying efficace leur ouvre autant les dossiers bien gardés du SHAT, que les colonnes de médias à l’autorité bien établie, en France, que des possibilités de visas de recherche dans notre pays, que l’on refuse pour je ne sais quel prétexte boiteux à une R. Branche à la sérieuse et copieuse production…   

Voilà, chers dirigeants du Monde diplo., quelques réflexions que m’a suggérées cette tentative « scorpionnique » maladroite de détournement de Décembre pour « piquer amicalement » notre Hirak, à quoi vous avez dû – je le pense sincèrement – prêter vos colonnes et votre autorité morale bien établie. En cette fin d’année 2020, je vous adresse mes meilleurs vœux de santé militante et vous souhaite de tenir bon sur cette mer houleuse de dégradation morale…

À vous, mes lecteurs amis, je vous souhaite une bonne année 2021.

Abdelalim MEDJAOUI, décembre 2020.  


[1]. De Mathieu Rigouste, Le Monde diplomatique, n° 801, décembre 1960. L’auteur a diffusé en même temps un film qu’il a réalisé pendant ses séjours « d’étude » dans notre pays.

[2]. Je dis « beau » film parce qu’on y a évité de parler de la sale guerre dont le héros a conduit la partie la plus « savage » et qui, de ce fait, a paru interminable… contre notre indépendance.

[3]. Sauf les sionistes qui ont peu à peu imposé l’idée que la seule résistance a été celle des Juifs de France, de souche ou naturalisés, avec juste quelques « Justes » français… Même l’imposante stature de de Gaulle n’a pas pu empêcher que s’installe cette « réalité » !

[4]. Le président Roosevelt voulait imposer le général Giraud, courageux et engagé dans le combat mais sans prétentions de rétablir l’État français dans ses droits de belligérant parmi les Alliés contre le nazisme et le fascisme. Ce manque de conscience étatique fait de Giraud un personnage comme notre Messali, ou même nos « centralistes » avant leur mutation plus ou moins assumée en faveur de l’État national institué par Novembre !

[5]. Encore un mois sacré dans notre chronologie nationale de libération.

[6]. In La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Éditions Amsterdam, Paris, 2009. Un James C. Scott qui semble là plutôt évoquer des situations comme celle qui a vu l’émergence d’un mouvement des « Gilets jaunes », si faible en apparence et si inquiétant pour les dominants par sa critique de leur pouvoir !

[7]. J. P. Filiu, dans une interview donnée à Renaud de Rochebrune pour Jeune Afrique, (29 janvier 2020) pour présenter son livre Algérie, la nouvelle indépendance (Le Seuil, 2019),

[8]. De son côté ce cerbère médiatique compte voir le discours martial de l’historien intimider les armées et les « hiraks » qui s’animent dans l’arrière-cour de la Françafrique, dans ce « pré carré » qu’est la CDEAO, contre le franc-CFA et la présence militaire française qui entretient la guerre et le soutien aux dirigeants corrompus…

[9]. Je lisais, dans Le Monde ou le Figaro une présentation de livres nouveaux « sous le signe de Napoléon et de la Révolution », où l’auteur de l’article fait une remarque sur un titre portant sur les Communards en expliquant qu’ils étaient bellicistes alors que le peuple voulait la paix. Je n’ai pas pu me retenir de lui lancer : « Y a r’khiss ! », comme on dit chez nous.

[10]. De Gaulle en dira qu’ils veulent avoir la gamelle remplie, mais ils la paient de la perte de la souveraineté nationale. J’ajouterais qu’ils y ont perdu aussi leur âme, puisque la culture française a dû céder la majeure partie de son espace de production et d’expression à la culture américaine… Le plan Marshall permettait en outre aux États-Unis de surmonter leur grave crise économique se surproduction.

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