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Arts et littérature., Chroniques

La cavalière et son public. Nadia BELKACEMI.

23 décembre 2020

Par Nadia BELKACEMI.

Le Collectif novembre a rajouté la catégorie "Chroniques" et "Billets' à son blog. Nadia Belkacemi, Zohra Mahi et Mohamed Adjou en sont les premiers phares. Ils nous ont autorisés à choisir quelques-uns de leurs textes pour publication. Nous les en remercions et les remercions pour leur créativité au quotidien.

La cavalière et son public

Une femme en Algérie qui se balade en pleine ville sur un cheval n’est pas un signe d’émancipation des femmes de la région dont elle est issue…

La cavalière est très belle à voir mais un cheval se baladant sur des trottoirs n’est pas le meilleur des spectacles .Mais dans la même région, on peut voir des femmes – beaucoup moins présentables- conduisant des ânes et cela n’a jamais ému la toile.

Une femme pouvant s’offrir un cheval, la tenue d’une cavalière et une allure aussi fière est issue d’un milieu riche. Est ce la richesse des siens qui en réalité impose aux personnes ce respect et ce silence face à des libertés plus ordinaires qu’ils ne cèdent pas à leurs propres sœurs, filles ou femmes ou bien , sont ils vraiment le symbole d’un peuple tolérant envers la liberté féminine ? Puisqu’ils se réfèrent à des reines anciennes … Des reines qui ont surtout gouverné avec des hommes à qui elles ont demandé des conseils pour mieux gouverner que de leur suggérer de faire le ménage avec leurs femmes , qui se sont appuyées sur des hommes féroces pouvant leur faire gagner les guerres et ne leur auront sûrement pas suggéré que c’est mal de violer des  » butins de guerre féminins  » au risque de frustrer leur libido et de les rendre mous au combat…

Une reine tout comme un roi n’ont pas de genres, ils ont un pouvoir à installer et agrandir et ni les reines ni les rois ne symbolisent une quelconque émancipation pour les hommes …ni surtout pour les femmes …Une femme sur un cheval est une belle hirondelle qui ne fera aucun printemps et une reine sur un trône et bien c’est une reine tout simplement…Quand on cessera de s’émerveiller pour des exceptions souvent circonstancielles , nous verrons peut-être que les femmes qui font le plus pour la condition de la femme dans nos sociétés est souvent cette sombre et poussiéreuse inconnue courbée sous un tas de bois , conduisant un âne et qui poussera ses filles à faire des études, s’émanciper même si elle ne pourrait jamais leur offrir un cheval ou …une moto …

Yek ?

La cavalière et son public.

Nadia Belkacemi.

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