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Algérie Politique, Economie

Le PCA. Solidarité et considération Aux travailleurs de l’ENIEM

travailleurs de l’ENIEM mobilisés pur sauvegarder l’outil de travail et leur emploi.

Le PCA le 6 décembre 2020.

Aux travailleurs de l’ENIEM

Encore une fois l’ENIEM est mise en chômage technique, pour motif de rupture de stocks d’intrants nécessaires à la production. Les travailleurs scandalisés, par cette décision prise unilatéralement par le directeur général, se sont déplacés à pieds d’Oued Aissi jusqu’au chef-lieu de la wilaya pour exprimer leur refus devant le siège de l’union de wilaya de l’UGTA. Ils demandent également le départ du directeur général qu’ils accusent d’être à l’origine de la situation que vit leur entreprise et ils condamnent la fermeture du portail de l’usine et du local du syndicat. Ce sont 1800 travailleurs qui risquent de perdre leurs emplois. A  travers cette mesure c’est toute une région qui subira les conséquences sur le plan économique et social.

L’ENIEM, est mise au pilori depuis quelques années déjà, par la politique libérale qui a confié le commerce extérieur aux oligarques locaux, dont une majorité s’est spécialisée dans l’importation des articles électroménagers de différentes marques. Certains, d’entre eux, ont commencé à faire le montage de ces articles, en important les kits CKD, dans des conditions qui les exemptent de toutes les obligations auxquelles sont soumises les entreprises de la dimension de l’ENIEM.

C’est cette politique, qui a créé des entreprises privées qui cumulent chacune des dizaines d’activités sans en maitriser aucune d’elles, leurs seule but est d’accumuler des profits, sans aucune valeur ajoutée pour l’économie nationale, qui est à l’origine des problèmes que connait l’ENIEM, les autres entreprises publiques et toute l’économie nationale. Des entreprises qui qui ne sont soumises à aucun contrôle et dont des parties de leurs structures travaillent dans l’informel afin de dissimuler d’immenses profits.

Ces sont ces entreprises sans queues ni têtes, qui ne répondent à aucun normatif technico-économique universel de fonctionnement, qui ont été privilégiées dans les dépenses des 1000 milliards de dinars. Les entreprises publiques ont été écartées et noyées sous une concurrence déloyale par l’importation des produits de qualités douteuses et dont certains ont causé la mort des familles entières.

Des entreprises sans aucun apport scientifique, technique et technologique pour le pays. Elles sont totalement dépendantes du capitalisme international, sans aucune perspective de sortir du cercle vicieux d’affairisme guidé par l’avidité d’enrichissement.

Peut-on comparer ces entreprises avec les entreprises publiques édifiées sur des  bases scientifiques et techniques normatives conformes aux critères universels dans les domaines de l’industrie. Des entreprises qui ont hissé le pays à un niveau appréciable de développement avec des taux d’intégration supérieurs 50%. Des entreprises dont le seul objectif est le développement économique et social au profit de tous les algériens. Leur implantation sur le territoire du pays a été conçue de manière à contribuer au développement régional harmonieux. Ce noble choix qui a transformé plusieurs régions du pays en les tirants du sous-développement a été le fruit des efforts chèrement pays par ces entreprises qui ont pris en charges des prestations, à leur frais, alors qu’elles relèvent d’autres institutions. Ainsi elles ont été obligées de construire des cités complètes, des moyens de transports, de formation et de restauration pour leur travailleurs afin de répondre aux exigences de production qu’impliquent les critères techniques, technologiques et économiques de la production industrielle.

Qu’elle est l’entreprise privée qui fait autant ? Les crédits accordés aux seules entreprises privés  de Haddad, Tahkout et Kouninef dépassent la totalité de ceux accordés à tout le secteur public industriel depuis sa création, et pour quel résultats !!!

L’ENIEM est comme le reste de ces entreprises mises au ralenti et vouées à l’abandon pour laisser l’espace aux affairistes, sans foi ni loi, de prospérer. Les situations qu’elles subissent, ne sont dans aucun cas le fruit de la seule compétence de leur dirigeants, elles sont fortement le fruit de la politique économique mise en place depuis déjà 40ans. 

Au lieu de répondre aux besoins de développement de ces entreprises par des programmes qui les engagent dans la construction de l’avenir du pays, le pouvoir politique les ignore et se justifie s’appuyant sur des théories  sans fondements scientifiques de certains experts autoproclamés. Des experts, dont la majorité n’ont jamais connu d’usine dans leur vie, qualifient de budgétivore le secteur public, à chaque fois qu’un crédit est accordé à une entreprise pour faire face à un besoin réel. Ces propagandistes de la politique libérale, qui vise à soumettre l’économie nationale au capitalisme international, ne parlent pas des milliers de milliards de dollars et d’euros que les pays capitalistes développés comptent verser les fonds d’aides à la relance économique de leurs entreprises à l’issue de la pandémie de la covid-19.  Ce qui bon pour les autres est mauvais pour l’Algérie.

Le mouvement des travailleurs de l’ENIEM est un évènement bénéfique qui vient attirer l’attention sur la nécessité de remettre les pendules à l’heure. Il dévoile également l’ampleur des dégâts, que pourrait générer l’absence d’une politique d’anticipation orientée sur une véritable relance du fonctionnement des véritables moteurs de l’industrie, aujourd’hui mis en berne. C’est la seule démarche qui repose aujourd’hui sur des conditions objectives pouvant conduire à l‘atteinte d’objectifs visant l’amélioration des conditions de vies des algériens. Aucune autre démarche ne bénéficie de conditions pouvant la mettre en œuvre afin de répondre aux besoins d’un développement qui répondrait aux mêmes objectifs.

Ce mouvement doit, être soutenu, et servir à enclencher une prise de conscience des concernés de l’existence d’un potentiel industriel national non négligeable capable de remettre debout le pays et à moindre frais.  

Lorsqu’on connait l’ampleur de la diversité et des capacités du secteur public industriel et particulièrement de celui de l’ENIEM, il est incompréhensible de chercher d’autres voies de développement industriel.

L’ENIEM, comme d’ailleurs beaucoup d’entreprises publiques, est doté d’un potentiel matériel et humain capable de lui permettre de  prendre en charge toute seule son plan de développement. Il suffit pour cela qu’elles soient accompagnées, comme cela se fait à travers le monde, sur la base de programmes bien définis, en accord avec les institutions, qui ont la charge de répondre aux besoins du développement ; les banques, l’université, les bureaux d’études etc..

C’est de loin moins couteux est plus rapide que l’achat de vieilles usines, le lancement des start-up et autres mesures aléatoires.

Nous exprimons notre solidarité et notre considération aux travailleurs de l’ENIEM.

Le PCA le 6 décembre 2020.

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