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Arts et littérature.

Hommage à Ahmed Fouad Negm. Une étoile s’est éteinte. Chronique de Mohamed Adjou.

Par Mohamed Adjou. 3 décembre 2013.

Les chroniques de Mohamed Adjou.

UNE ETOILE S’EST ETEINTE. HOMMAGE 

NEGM est mort… Une amie qui connait mon admiration pour cet homme m’a appelé ce matin pour me le dire, s’étonnant que je n’aie pas été prompt à réagir… En réalité, j’étais déconnecté et c’est d’elle que j’ai su cette triste nouvelle..
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Je me souviens, comme ça, de l’annonce de la mort de certains de ces hommes auxquels je voue respect et considération…ce fut toujours avec une grosse consternation que j’en recevais la nouvelle, je citerai bien sûr Boudiaf… J’étais au restaurant, il était 12h30 quand mon ami Zidane Mouloud m’appela pour me le dire avec une brutalité égale à la manière dont le pauvre homme fut exécuté…

Je me rappelle aussi Allende et son combat de la Moneda, valeureux mais si pathétique parce que si disproportionné… je me souviens d’Amilcar Cabral… j’étais ce jour là à Alger, précisément à Hassiba ben Bouali et je marchais seul et sans but quand j’entendis la nouvelle…

Je me rappelle Brel et les condoléances que me fit mon ami Amir Boudjemaa qui savait l’estime que je portais à ce chanteur, ce qui le faisait rager car il devait, dans nos siestes sous les oliviers, accepter le diktat du Grand Jacques sur Mazouni ou Mohamed Belkhyati…

je me souviens de la mort de Ferré et du billet que je transmis à l’Hebdo Libéré et qui me valut les “remerciements” du Red-Chef…
Kasdi Merbah aussi… et le billet écrit avec rage devant le gâchis que constituait la mort de cet homme avec qui j’avais eu quelques mois auparavant une discussion chez moi, en pleine campagne, dans un endroit qu’aucun dignitaire ou même cadre de basse catégorie ne pouvait avoir le courage de visiter, de surcroît la nuit, discussion qui me permit de comprendre l’envergure politique de cet homme, sa vision et sa pertinence, son honnêteté aussi…

Je ne peux hélas citer toutes ces haltes tragiques…

Je reviens à mon ami Negm…

J’ai redécouvert cet homme dans les 70… En 1984, en fouinant dans les rayons de l’antenne de l’OPU (office des publications universitaires), un gros livre mal conçu, mal relié et mal couvert attira mon attention… j’eus le bonheur ineffable d’y retrouver un recueil des poèmes de Fouad Negm… je l’achetai sans hésiter et fus étonné de la dérision de son prix en considération avec les trésors qu’il contenait…. je le possède toujours… partiellement !

Le soir même tous mes enfants et leurs cousins avaient appris “Baqarat Haha”… une chanson pour laquelle les bruits des tôles de ma quatrelle allaient pour très longtemps servir de musique…

D’autres textes allaient par la suite s’incruster dans ma mémoire et quand la technologie le permit, j’en fis une compilation de plus de 150 d’entre ces chansons qu’interprétait Imam, seul Arabe méritant le titre de Chikh qu’il porte dans son nom, dans un flash-disk qui ne quitte jamais la boite à gant de ma voiture…

Je fus très douloureusement témoin d’une immonde exploitation de l’aura de cet homme, ici sur le net, à des fins qui étaient aux antipodes de ses principes puisque un facebooker s’est permis d’utiliser son nom et ses chansons dans une entreprise honteuse de soutien aux indignes stratèges des drames démesurés que subissent les peuples sous prétexte de les libérer de leurs tyrans…

Que Negm repose en paix… où qu’il ait été affecté, on souhaiterait être à ses côtés parce qu’il vaut mieux son enfer que le paradis des crapules…

Mohamed Adjou. 3 décembre 2013

Source : https://comment-taire10.blogspot.com/2020/12/une-etoile-sest-eteinte.html?fbclid=IwAR29hwTtrrPEQCUhaifDapQhzCgo_30lyr-5zFz1WyxIGaYxHXrKeF18bWs

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